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Faut-il laisser gagner ses enfants aux jeux ?

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Faut-il laisser gagner ses enfants, c’est la question philo/pédagogie du jour.

Mon avis de maman

Captain C. Mon nom parle de lui-même : je suis cool. Si si ! Surtout quand il s’agit de jouer au UNO avec mon fils. Oui, j’avoue, je le laisse gagner. Et … moment Confessions Intimes … oui, j’avoue, je le laisse aussi gagner à Jungle Speed, à Dobble ou au Cochon qui rit, ses jeux préférés. D’ailleurs, c’est marrant, mais depuis que je suis maman, je n’ai jamais été aussi forte pour tricher, tricher à perdre. Un comble ! Bref, revenons à nos moutons : oui, je le laisse – souvent – gagner. J’entends les parents parfaits s’écrier d’ici : « Passs biennn », « Pourquoi le laisser gagner ? », « Il faut qu’il apprenne à perdre », « Ce n’est pas bon pour sa construction de le laisser gagner », « C’est pas bien de lui mentir » (euh, le Père Noël, on en parle ? vous ne mentez jamais vous ?), « Il va être encore plus déçu de gagner s’il se rend compte que vous avez triché pour que ça arrive », etc etc etc. Alors ma réponse est super simple : oui, certes, mais j’ai envie qu’il passe (et accessoirement que je passe) un bon moment ensemble. Sans cris, sans pleurs, sans « t’es pas gentille », sans « eh ben moi, veuxxxxx plusss jouerrrr ». Vous voyez le topo ? Et puis, c’est tellement mignon ce moment de joie pure et spontanée où il crie « j’ai gagné !! ».

Alors, parent démissionnaire ou parent aimant ? Parent faible ou parent qui-a-tout-compris ? Vaste débat. J’ai lu quelques spécialistes de l’enfance sur le sujet, écouté mille et un conseils des PP – comprenez les Parents Parfaits -, consulté le grand manitou internet, et à défaut d’avoir une réponse catégorique, voici les conseils pratiques pertinents et réalistes que j’ai retenus :

Jouer à des jeux de société adaptés à son âge et à ses goûts

Dis comme ça, ça a l’air tout à fait évident, ça coule de source. Mais avouez, ce n’est pas tentant de jouer à un jeu conseillé pour 5-6 ans et plus quand votre rejeton en a 4 ? La fierté parentale quand le petit génie en herbe gagne à ce jeu pour plus grand. Ou alors, tout simplement, le dilemme du jeu en famille avec des enfants d’âges différents : comment trouver LE jeu qui va plaire à tous ? Alors, souvent, on coupe la poire en deux : « le petit de 4 ans va bien faire un effort, et puis, ça va le tirer vers le haut, lui donner envie de se dépasser », et « la grande de 8 ans, elle n’a qu’à faire plaisir à son petit frère, après tout, elle est grande, elle est capable de comprendre ». Bref, petite moyenne, le juste prix est … tata, un jeu pour enfants de 6 ans et plus. Sauf que. Sauf que personne ni trouve son compte : le petit n’arrive pas à gagner, la grande s’ennuie avec ce jeu pour « bébé ». Bref, c’est la cata, et le petit moment en famille tourne au cauchemar.

Les vrais bons conseils ? Jouer en équipe, choisir des jeux sans gagnant ni perdant, se fier aux recommandations des éditeurs de jeux (qui je trouve sont pertinentes 99% du temps pour le coup !) ou jeter un coup d’œil à ma sélection de jeux par âge (3-4 ans, 5 ans, 6-7 ans, 8 ans, 9-10 ans, 11 ans et plus), et surtout, varier les jeux de société (il y a forcément des jeux où l’on est plus doué, donc plus motivé à jouer, quelle que soit l’issue du jeu).

Ne pas toujours le laisser gagner

Et même, mieux, le laisser gagner avec parcimonie, seulement quand ses petits nerfs sont sur le point de lâcher, ou qu’il a besoin de reprendre confiance en lui.

Apprendre à être bon à un jeu

Parfois, un enfant est bon à un jeu, et c’est inné. Parfois, c’est à force de jouer qu’il devient bon à un jeu. Jouer en tête-à-tête avec lui, calmement et lentement, en lui donnant des astuces, peut avoir une excellente valeur éducative et renforcer sa confiance en lui. C’est tout bête, mais c’est diablement efficace !

Et tout simplement, apprendre à être bon joueur

Mais comment me direz-vous ? En donnant l’exemple. Et oui, c’est le b.a.ba de l’éducation, ça parait tout bête et c’est pourtant essentiel !

L’avis des pros de l’enfance

Passés ces quelques conseils, voici l’avis des pros de l’enfance, ça peut toujours servir 😉 Ils recommandent d’adapter son comportement en fonction de l’âge des enfants. Suivant leur maturité, ils sont plus ou moins à même de gérer leurs émotions. Vous allez voir, il n’y a absolument aucune différence avec ce qui se passe chez moi (et chez vous ?) dans la vraie vie, aucune !

De 3 à 6 ans : le jeu avant tout

Pour les plus jeunes, le fait de jouer avec eux et de partager un moment aussi sympa et convivial devrait suffire à passer au dessus de la défaite. (Bon, si votre petit chou à la crème a un caractère de cochon, oubliez cet argument…)

Il faut procéder par étape : d’abord, laissez le plus jeune choisir le jeu, à cet âge, le choix se portera le plus souvent sur un jeu qu’il connaît de près ou de loin. S’il choisit un jeu plus compliqué ou qu’il ne connaît pas (ou peu), créez des équipes, ça le motivera.

Si vous êtes son partenaire de jeu, encouragez le avec des “allez, on va gagner !” (mais surtout, ne l’aidez pas trop, montrez lui que vous lui faites suffisamment confiance pour le laisser maître du jeu). Si vous perdez, apprenez lui à être bon joueur : “ce n’est pas grave, la prochaine fois, on les aura !”. Si vous gagnez, n’oubliez pas de le féliciter. Dans tous les cas, ne trichez pas, la victoire aura encore plus de valeur et de saveur car il l’aura réellement méritée.

Si vous jouez contre votre enfant, essayez de faire passer le plaisir de jouer au-dessus du plaisir de gagner (ou de l’éventuelle déception de la défaite). Insistez sur l’importance de respecter les règles, ce qui ajoute de la discipline et un challenge supplémentaire au jeu (bon, on s’entend, sans être psycho-rigide non plus !). Si vous gagnez contre lui, rappelez-lui comme il a bien joué malgré tout et combien il est capable de gagner la prochaine fois ! Si vous perdez, n’oubliez pas de le féliciter et de dire à quel point vous êtes fier de lui. Nous vous proposons un choix de jeux et jouets idéals de 6 à 7 ans : les meilleurs jeux et jouets pour les enfants de 6 à 7 ans

7 ans et plus : il n’y a pas de bon ni de mauvais joueur

A cet âge-là, la défaite est plus facilement acceptable quand elle se joue contre un adulte. Plus que jamais, aucune raison de tricher donc : jouer pour le jeu ! Contre un ami, l’enfant peut en revanche moins bien réagir car il se compare d’égal à égal avec l’autre enfant. Mais si votre enfant réagit fortement à la défaite lorsqu’il joue avec un copain, ce n’est évidemment pas la triche qui va l’aider, son/sa partenaire de jeu ne va pas tricher pour lui faire plaisir ! La solution pour dépasser les grosses colères et petites fâcheries ? Proposez lui de s’entraîner avec vous en lui proposant une autre forme de jeu plus coopératif où il aura besoin de votre aide et vous de la sienne pour gagner ensemble. Jouez et rejouez contre/avec lui en respectant les règles à la lettre pour lui montrer qu’il n’y a pas de tricherie si vous gagnez, puis montrez lui à quel point c’est cool de jouer ensemble et de gagner “à la loyale” !

Et dernier conseil, valable à tout âge, qui a toute son importance : plus que jamais, montrez l’exemple ! Vos réactions face à la défaite ou à la victoire conditionnent celles de votre enfant.

La morale de l’histoire ? Lui apprendre à gagner est aussi important que de lui apprendre à perdre, une vraie leçon de vie 😉 Avec ou sans triche, je vous laisse décider !

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